mercredi 17 octobre 2012

Diaconia, démarche de foi

Texte de Mgr Housset, octobre 2012.

Mgr Housset
Photo : Service com, diocèse 17.


Blaise Pascal, au moment de son agonie en 1662, selon la biographie écrite par sa sœur, demande la communion eucharistique. On hésite à cause de ses difficultés de déglutition. Il répond : « Faites entrer dans ma chambre un pauvre de la rue. Ainsi, puisque je ne peux pas communier avec la Tête, je pourrai communier avec un membre de son Corps ».

Cette réaction, qui révèle une foi de grande qualité, nous situe au cœur de la démarche « Diaconia 2013 servons la fraternité ». La diaconie, chacun commence à le savoir, consiste à servir les autres à la manière du Christ. Elle constitue, avec l’accueil de la Parole de Dieu et la célébration du Christ, l’un des trois axes de la mission de l’Eglise. Ces axes peuvent être distingués mais non pas séparés. Les trois sont à réaliser ensemble.

La première étape de Diaconia a donc permis de mieux vivre les relations entre nos diaconies et la Parole de Dieu, en réalisant le livre des fragilités et des merveilles.

Nous sommes appelés, en cette année 2012-2013, à rapprocher nos diaconies de nos célébrations, en particulier de l’Eucharistie.

Il est à noter que les célébrations liturgiques sont variées. Elles culminent à l’Eucharistie mais ne s’y réduisent pas. Pour articuler davantage diaconie et célébration, nous avons à tenir compte de cette diversité. Mais sans oublier qu’en toute liturgie, qu’elle soit sacramentelle ou non, c’est toujours le Christ, Seigneur ressuscité, qui est célébré. C’est Lui, agissant au cœur de nos réalités humaines, tant personnelles que générales, qui est célébré au cœur de nos liturgies.

Une meilleure articulation entre diaconie et célébration voudrait permettre à ceux et celles qui réalisent la démarche «Diaconia 2013 servons la fraternité » d’approfondir dans la foi au Christ le sens de leurs diaconies et de la fraternité recherchée.

Approfondir le sens de la diaconie

Beaucoup de pratiquants de l’Eucharistie, à l’heure actuelle, ont conscience que la participation à la messe engage au partage et à la solidarité. L’éducation pastorale de ces dernières décennies a développé la conviction que le sacrement de l’autel aboutit, s’il est célébré selon le désir du Christ, au sacrement du frère. Le Seigneur Jésus a bien dit, après le geste symbolique du lavement des pieds : « C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi » (Jean 13, 14-15).

Mais il faut reconnaitre que, si de nombreux chrétiens font preuve de beaucoup de générosité et d’attention aux autres, ils n’ont pas forcément conscience que leurs pratiques de solidarité ont un fondement de foi. Ils en restent à un niveau moral, celui de leur comportement solidaire. Ils n’en discernent pas la portée théologale, c’est-à-dire ils ne perçoivent pas que leur relation à Dieu, leur foi, est concernée par leurs actions.

Entendons-nous bien : il est important de reconnaitre la valeur humaine humanisante de tous ceux et celles qui agissent au service des autres, dans des organismes confessionnels ou non, sans se référer à la foi chrétienne.

La question se pose pour les personnes qui se reconnaissent chrétiennes ou sont en recherche spirituelle. Comment faire découvrir à celles qui ne le savent pas qu’en servant leurs frères et sœurs, c’est le Christ lui-même qu’elles servent ? Il s’est en effet explicitement identifié aux malades, aux affamés, aux prisonniers dans la fameuse parabole du Jugement dernier : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Mat 25,40). Ce sont des paroles fortes, aussi précises que celles prononcées pour la transformation du pain en son Corps : « Ceci est mon corps livré pour vous ».

Comment faire découvrir à ceux et celles qui ne le savent pas que la source de leur générosité ne vient pas d’elles-mêmes mais de Dieu dans sa profondeur, l’Amour qui unit le Père et le Fils dans l’Esprit ?

La démarche Diaconia peut permettre ainsi une maturation dans la démarche de foi. Elle rejoint l’initiative de notre pape Benoit XVI en proposant une année de la foi qui débutera le 11 octobre 2012. Sa lettre « Porta fidei » articule, de manière étroite, l’annonce de la foi et le service du frère. Par exemple « La foi sans la charité » ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute » (n°14).

Il est à noter que le pape insiste, à plusieurs reprises, sur la progression de la foi tout au long du chemin de la vie. Ainsi au n°1 : « Traverser la porte de la foi implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie » ou bien au n°6 : « Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complètement terminé en cette vie ».

Autant dire que la démarche « DIACONIA » ne va pas s’arrêter au rassemblement national de mai 2013. Elle continuera sus une forme à définir. Car l’approfondissement de son fondement de foi est inhérent à la vie même de l’Eglise et à sa mission jusqu’à la fin des temps.

Que de progrès à réaliser encore dans cette dynamique de la foi pour que des personnes, originaires de pays étrangers, trouvent leur place dans nos assemblées dominicales ! Pour que les jeunes générations soient davantage accueillies avec leur culture et leurs musiques propres ! Pour que les personnes en situation de précarité puissent exprimer et partager leur expérience caractéristique de Dieu ! Lors d’un colloque sur la diaconie à l’Université catholique d’Angers, en mars 2012, j’ai été profondément touché par la méditation du Chemin de Croix proposée par certaines d’entre elles.

Approfondir le sens de la fraternité

Le rapprochement entre diaconie et célébration peut permettre aussi d’approfondir le sens et les pratiques de la fraternité en progressant dans une démarche de foi.

Chaque célébration concerne le Fils de Dieu devenu homme. Elle met donc en valeur la filiation qui caractérise tout être humain. L’humanité est constituée par des hommes et des femmes qui sont tous créés par le même Dieu et appelés à devenir fils du même Père dans le Fils unique. Comme l’affirme Saint Bernard, « le Fils s’est incarné pour devenir l’ainé d’une multitude de frères ».

Toute célébration symbolise donc le fondement de la fraternité. Elle permet de reconnaitre que nous sommes frères parce que nous sommes d’abord fils. Certes, beaucoup contribuent à construire ou développer des relations réelles de fraternité sans avoir conscience que celle-ci est fondée sur la Paternité de Dieu. Mais la reconnaissance de cette filiation, dans les célébrations, particulièrement l’Eucharistie, donne tout leur sens aux actions et combats en faveur de la fraternité. Car celle-ci ne progresse pas, au cours de l’aventure humaine, comme un long fleuve tranquille. Une fraternité réellement universelle pourra-t-elle d’ailleurs exister si elle n’est pas fondée sur la Paternité universelle de Dieu ?

Entre autres éléments qui contribuent à la fraternité, il faut noter l’importance de la réconciliation et du pardon. Il ne peut pas y avoir de vie humaine authentique sans pardon, lui qui re-construit l’avenir, là où celui-ci ne semblait plus possible. La célébration eucharistique montre le sens de la réconciliation. Le Christ, en effet, affirme dans le discours sur la Montagne : « Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère »  (Mt 5, 23-24). La diaconie du Seigneur passe par la diaconie des humains, l’une ne peut pas exister sans l’autre.

Cette conviction de notre foi ne nous appelle-t-elle pas à prendre plus au sérieux nos relations œcuméniques entre Eglises chrétiennes ? Le scandale de nos divisions entre disciples du Christ n’aggrave-t-il pas les désunions et les absences de fraternité entre groupes humains ? Savons-nous entendre en ce domaine les appels à la conversion de l’Esprit d’unité ?

La participation à la célébration eucharistique permet d’approfondir, d’une autre manière, le sens de la diaconie des frères. L’appréciation de Blaise Pascal est en effet capitale. Elle exprime le cœur de la foi chrétienne, depuis les origines. Paul, dans sa 1ère épitre aux Corinthiens, écrite vers les années 50, leur reproche de célébrer le « repas du Seigneur » sans se préoccuper des membres de leur assemblée, en laissant s’installer des divisions parmi eux. Ils ne « discernent » pas la relation étroite qui existe entre le corps eucharistique et le corps ecclésial qu’ils forment (I Cor 11, 17-34). La foi de toujours nous affirme que nous ne pouvons-nous unir valablement au Corps du Christ ressuscité que si nous sommes ou essayons d’être en relations de communion avec nos frères dans le corps ecclésial. La prière du Notre Père, qui reste le modèle de toute prière, en est l’illustration parfaite. 

La plupart des célébrations enfin sont publiques. Ce qui n’est pas sans conséquence pratique pour la réalisation d’une vie sociale plus fraternelle. Toute société en effet a besoin de rites et de symboles. Ceux-ci, qu’ils soient ou non religieux, ont un rôle social. Par exemple en facilitant l’intégration d’individus à un groupe ou à la société. Ainsi, la participation à l’Eucharistie peut-elle symboliser l’accueil d’étrangers réalisé par la communauté paroissiale et le développement de la fraternité entre personnes de cultures différentes.

Le caractère public des célébrations chrétiennes contribue à visibiliser de nombreuses formes de diaconie. Celles-ci seraient restées au niveau d’une relation privée entre personnes sil elles n’étaient pas rendues publiques et donc socialement reconnues. C’est toute notre société dans l’ensemble de ses composantes qui est appelée à devenir fraternelle.

Et l’Eglise désire y contribuer de tout son cœur et de toutes ses forces. La diaconie et la célébration de la fraternité ont de l’avenir !

+ Bernard Housset
Evêque de La Rochelle et Saintes

lundi 6 août 2012

Les propositions des paroissiens de Christ-Saint-Sauveur, La Rochelle centre :

« Accueillir des personnes fragiles à l’entrée et à la sortie des messes »

• Changer notre regard envers les personnes fragiles. Sortir de soi-même, oser aller vers l’autre.
Accueillir des personnes fragiles à l’entrée et à la sortie des messes. Se dire bonjour.

• Créer du lien social dans notre société marquée par l’individualisme pour la rendre plus humaine et pour acquérir le réflexe d’aller vers l'autre.

• Apprendre à prendre la parole sur des questions politiques pour avoir, en tant que chrétiens, une parole d’espérance et de tolérance face à l’autre souvent désigné comme un agresseur potentiel.

• Combattre pour la justice sociale, le respect de l’homme, de ses droits mais aussi de de ses devoirs.  

Les propositions des paroissiens de Rochefort-sur-Mer :

« Collecter des denrées alimentaires pour l’épicerie sociale »

• Organiser, durant le Carême, une collecte de denrées alimentaires au profit de l'épicerie sociale comme cela a été fait en 2011 pour l'épicerie rochefortaise La Boussole, à l’initiative et avec les bénévoles du conseil pastoral de la paroisse.
Plus d’informations en cliquant ici

mardi 31 juillet 2012

Extrait du livre des merveilles

Cliquez sur la photo suivante ou ici pour découvrir un extrait du livre des Merveilles de Diaconia 2013 paru dans le journal de la paroisse du Christ-Sauveur (La Rochelle centre), numéro de juin, juillet et août 2012 



Compte-rendu

Pour lire le compte-rendu des réunions des 26 janvier et 4 février 2012 du doyenné de Haute-Saintonge autour de Diaconia 2013, cliquez ici 




samedi 28 avril 2012

L’intervention de Mgr Housset à Lourdes le 29 mars 2012, en Assemblée plénière, au sujet de Diaconia 2013. 
Cliquez ici


jeudi 23 février 2012

Le dossier de presse de Diaconia

Pour le découvrir, cliquez ici

Message vidéo de Mgr Housset

« Se retrouver pour réfléchir sur notre responsabilité d’éducateurs »


Vidéo à découvrir ici
Dans le cadre du chantier diocésain Diaconia 2013, Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes, vous invite à témoigner de "merveilles" de solidarité, et de cas de "précarités et de souffrances" vécus ou rencontrés. Les explications de l'intéressé.
Réalisation : Service de la communication, diocèse de La Rochelle et Saintes. Janvier 2012.

mercredi 22 février 2012

Message audio de Mgr Housset

« Se retrouver pour réfléchir sur notre responsabilité d’éducateurs »



Mgr Housset
Photo : Service com, diocèse 17.
Podcast radio à écouter en cliquant ici. Duré : environ 10 mn.
Réalisation : RCF 17 (podcast). Janvier 2012.

mardi 21 février 2012

L'équipe diocésaine

En Charente-Maritime, l’équipe diocésaine qui pilote le chantier Diaconia 2013 est composée de Pierre Bouin (délégué diocésain du Secours catholique), Annie Bortolus, Sœur Monique Danilo, Hubert Louineau et Louis Guérin (coordinateur du Conseil diocésain de la solidarité).
« L’équipe n’a pas un rôle de pilotage mais d’interface, de façon à ne pas étouffer ce qui vient de la base. Elle est là pour procurer les outils, les moyens à ceux qui en feront la demande », a indiqué Louis Guérin.

mardi 3 janvier 2012

Avec l’établissement Fénelon-Notre Dame à La Rochelle


« Aider la Banque alimentaire »

- L’établissement Fénelon-Notre Dame à La Rochelle s’est mobilisé en faveur de la Banque alimentaire en demandant aux élèves de 3e de préparer une campagne d’affichage invitant l’ensemble des élèves à y participer. Les 3e sont aussi intervenus auprès des enfants de CM2 pour leur expliquer ce qu’était la Banque alimentaire et pourquoi tout le monde était invité à partager.