vendredi 19 juillet 2013

Livres des merveilles de la Haute Saintonge


Voici un extrait du livre diocésain des « merveilles et des fragilités ». Ce document relate les difficultés et les joies constatées ou vécues localement par des chrétiens, dans les paroisses, mouvements, lieux d’accueil pour personnes en difficultés. 



DOYENNE DE HAUTE SAINTONGE



Des témoignages de mouvements et services :

-          Secours Catholique de Saint-Genis : atelier couture et vestiaire
-          Fraternité Charles de Foucauld Croix Gente de Montendre
-          Restos du Cœur de Jonzac

Ce qu’ils ont dit :
Les personnes accueillies 

"C’est formidable on en profite le plus possible
On n’a pas envie de se séparer, c’est très bien
On a envie que cela dure le plus longtemps possible
C’est un lieu d’amitié, on apprend à aller vers les autres
Je me sens bien dans le groupe
Parfois nous nous retrouvons entre groupes du Secours Catholique du secteur pour une journée de détente, une sortie, une balade : on est heureux de se retrouver. "
Je viens de loin et j’avais des problèmes d’alcool : grâce à la fraternité, j’en suis sorti
Je ne savais pas travailler, j’aime bien travailler sur le chantier de restauration du bâtiment communautaire…j’ai mon permis de conduire et je suis maintenant autonome
J’ai eu du mal à m’habituer c’est vrai, mais ici pour moi c’est une famille, une vraie famille d’accueil"

Les personnes bénévoles

"Cet atelier du Secours Catholique permet aussi de vivre des temps forts avec les personnes accueillies : ainsi nous avons célébré le baptême d’une enfant d’une famille et la fête s’est passé dans le local… nous avons été invitées au mariage d’une personne de l’atelier ainsi qu’en d'autres occasions. Nous essayons de leur donner ce climat d’accueil et de fraternité"
"Notre lieu d’accueil est un vrai lieu de vie  où les personnes accueillies ont pu rester le temps qu’elle voulaient. Certains ont retrouvé une vie normale en fondant une famille, nous essayons de faire de notre communauté un lieu de vie, d’amour, d’affection, avec une vie simple : il nous a fallu parfois se remettre à la Providence, quand on vit avec les pauvres, il faut être humble et vivre pauvrement. Nous sommes aidées par notre vie spirituelle et le temps d’adoration. Maintenant le deux personnes qui demeurent sont indépendantes et sont reliées à notre fraternité. "

"Je me suis engagé aux Restos du cœur, suite à l’appel de notre évêque au cours de l’Escale synodale. Je venais d’arriver dans la région comme retraité, J’avais envie de servir les autres, dans la suite de ma formation de scout et de paroles fortes de la Bible – ‘Tu aimeras ton Dieu et ton prochain comme toi-même...Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement’ -
Dans le cadre des services des Restos, je suis passé par différents domaines : distribution, vestiaire, aide administrative et soutien scolaire. C’est ce dernier lieu qu’actuellement j’assure au sein d’une équipe. Cette aide est importante car par-là, on peut aider les parents surtout dans les familles déstructurées dont les enfants sont souvent instables et en échec scolaire. Mon objectif est de remettre l’homme debout Il faut que les gens se prennent en main même s’il faut beaucoup d’accompagnement. Il faut avant tout risquer la confiance envers eux et cela est payant. Il faut rester humble car l’autre a sa liberté. L’échec n’est jamais définitif. Chacun à sa place peut participer à quelque chose."


FRAGILITES ET MERVEILLES



Livre des fragilités
Livre des merveilles
Un jeune adulte en grande précarité vit dans la rue avec une déchéance physique et morale.
Cet homme a été secouru par sa famille qui a décidé de le sortir de cette situation avec force, courage et ténacité. Aujourd’hui, soigné, il va mieux ; il est pris en charge médicalement socialement. Il a retrouvé sa dignité. Il a pu bénéficier d’une couverture sociale, une identité et une espérance en un avenir possible. Il a pris conscience que tout seul, il n’y serait pas arrivé. Cela nous aide à espérer en la fraternité
Un jeune en grande précarité : chômage, état dépressif, est délaissé par sa famille.

Après avoir connu de grosses difficultés matérielles et psychologiques, ce jeune est devenu bénévole du Secours Catholique, Il a trouvé un équilibre une vie familiale et à son tour a voulu  en aider d’autres
En rural, beaucoup de personnes sont isolées et souvent sans soutien : ainsi une dame de 76 ans vit seule dans des conditions d’hygiène déplorables avec des revenus corrects mais mal gérés (tutelle) en milieu rural. Elle est isolée et elle s’est mise en situation de rejet.
Des personnes retraitées se proposent pour les visites, voire faire les courses de ces personnes
Un jeune sans travail vit sur l’argent des parents de sa compagne. Il sollicite de l’aide dans une association 
Les Restos du cœur lui proposent un colis alimentaire en échange d’un service : toutes les semaines, participer au déchargement du camion des denrées. Il accepte et retrouve sens au travail
Une personne au chômage n’a pas de véhicule, elle ne recherche plus de travail donc elle n’a pas d’avenir : isolement, découragement
Un micro-crédit lui est proposé qui lui a permis de s’en sortir
Un centre détention est loin de la gare : les familles ont du mal s'y rendre pour les visites
Une association d’accueil des familles des détenus propose d'aller les chercher au train et leur offre un lieu d’accueil




REALITES ECONOMIQUES ET SOCIALES EN HAUTE SAINTONGE


Fragilités
Forces et atouts
Enjeux
-        Solde naturel négatif : population vieillissante
-        Population clairsemée donc problème de mobilité car peu de transport en commun
-        Hausse du chômage dû à la crise (+ 7,5 % sur un an) et manque de qualification (70% des demandeurs d’emploi sont sans qualification professionnelle ou ont un niveau égal au CAP)
-      Solde migratoire positif : dynamique de la démographie
-      Territoire attractif
-      Bonne accessibilité (proximité de centres et réseau routier / ferroviaire)
-      Nombreux travailleurs saisonniers dans la viticulture

Renforcer l’offre et la demande

1.    Synthèse à partir du recensement agricole 2010

Fragilités
Forces et atouts
-        Baisse du nombre d’exploitations.
-        Baisse du nombre de travailleurs agricoles (chef d’exploitation et salariés) lié en partie à la baisse du nombre d’exploitations agricoles et à une productivité en hausse (1 travailleur agricole « travaille » 8 ha de plus qu’il y a 10 ans).
-        Diminution de l’élevage en Hors Sol
-        Perte significative de cultures permanentes (vignes) dans certains cantons : transfert d’ha de vignes plus près de Cognac.
-       Perte de foncier agricole productif en raison de nouvelles infrastructures (voies de communication, zones d’activités économiques, de loisirs et constructions maisons individuelles …)
-   Plus de travail en organisation collective en agriculture (GAEC, EARL…)
-   Diversification des productions
-   Davantage de vente en circuits courts (vente à la propriété, en association de producteurs, AMAP …) qui développe le lien avec le consommateur.
-   Formation importante de jeunes agriculteurs


Cette synthèse a été réalisée en collaboration avec Thomas Gervais, chargé de mission à la Maison de l’Emploi de Haute Saintonge pour la Communauté de Communes de Haute Saintonge et Yves Gautier, retraité d’un organisme professionnel agricole.

Le livre des merveilles et des fragilités de La Rochelle

Voici un extrait du livre diocésain des « merveilles et des fragilités ». Ce document relate les difficultés et les joies constatées ou vécues localement par des chrétiens, dans les paroisses, mouvements, lieux d’accueil pour personnes en difficultés.

Pour découvrir le livre des merveilles, cliquez ici

Pour découvrir le livre des fragilités, cliquez ici

Livre des merveilles du pénitencier de Saint-Martin-de-Ré

Voici un extrait du livre diocésain des « merveilles et des fragilités ». Ce document relate les difficultés et les joies constatées ou vécues localement par des chrétiens, dans les paroisses, mouvements, lieux d’accueil pour personnes en difficultés. 


PAROLE DE DIEU AU SERVICE DU FRÈRE

Au pénitencier de Saint-Martin-de-Ré, il y a deux secteurs d’internement : Centrale et Citadelle. Ils sont nombreux à rejoindre l’aumônerie.

Témoignage du groupe "Centrale"

Nous sommes un groupe de détenus de la maison centrale de Saint Martin de Ré ; nous faisons partie du groupe de l’aumônerie.

Tous les 15 jours, nous nous retrouvons autour des textes bibliques proposés par Diaconia 2013.
Pour nous, cette manière d’entrer dans le texte est formidable. Ça fait grandir notre foi, ça nous permet de découvrir le vrai visage de Jésus. Quand nous entrons dans le texte, nous nous sentons libres, alors que nous sommes privés de liberté. Ça nous a permis de nous rapprocher les uns des autres, d’être plus solidaires avec les autres détenus.
Quand je fais un gâteau dans ma cellule, j’en fais toujours un pour les copains.

Nous nous sommes sentis très proches de la femme qui souffrait d’hémorragies depuis 12 ans. Nous aussi, nous aimerions « toucher au moins les vêtements de Jésus ».

Témoignage du groupe "Caserne"


A cet instant où nous sommes réunis, c’est une forme de paix, car nous sommes étrangers l’un à l’autre, et malgré cela, nous abordons la parole sans crainte, et grâce à cela, la paix s’installe en nous. Nous avons chacun une intelligence que nous pouvons appeler "Paix" car nous perpétuons l’aide au prochain que nous faisons sans attendre un retour ; et puis, nous posons la question : "Qu’est-ce que la paix" ?
Premièrement, c’est se respecter avant tout. Puis, nous pouvons dire que la bonté d’âme de tout être est une invitation à ramener les brebis égarées dans le chemin d’une réconciliation spirituelle. Pour durer, il y a "Paix". Il faut passer par la gentillesse, la douceur, la pureté de notre sensibilité en apportant le bien-être et de la chaleur d’âme, le partage et le pardon. En mixant le tout, je peux dire et affirmer que cela, c’est la paix.


Charte des détenus, Citadelle


1.     Vivre des relations fraternelles
J’apprends à m’aimer pour aimer les autres
J’établis une relation personnelle avec mon prochain
J’aborde l’autre sans préjugés

2.     Découvrir et reconnaître les talents des autres.
Je fais fructifier mes talents pour les mettre au service de mon prochain
Je me réjouis du talent des autres

3.     Etre solidaire des blessés de la vie
Je combats l’indifférence et l’égoïsme
Je prends sur moi pour aider mon prochain à se relever
Je me mets à la portée de mon frère

4.     Le chemin de la Foi
Je surmonte mes peurs grâce à ma confiance en Dieu
En assumant mes responsabilités, je reprends confiance en moi.
Je suis attentif à la demande de celui qui est à l’écart

5.     Le don de Dieu
Je me retire pour mieux me retrouver face à Dieu, dans le secret.
Je me mets au service de l’Église au sein de notre communauté de détenus
Je partage la nourriture que Dieu me donne

6.     La foi en l’autre
Je persévère dans ma demande avec audace
Je me contente de ce que Dieu me donne
J’ai foi en mon prochain même dans sa différence

7.     Servir son frère à l’exemple du Christ
Je renonce à la domination sur l’autre
Je suis humble et doux de cœur
Le regard de l’autre est révélateur de ma foi en Christ

8.     La fraternité illumine le fond des cœurs
Ma fraternité rend libre mon prochain
Je sais entendre l’appel de mon prochain
Je ne peux guérir qu’à condition d’avoir confiance en Christ.

9.     Bienheureux celui qui croit
Le Seigneur se manifeste dans mon désir de rencontre
Ma façon d’accueillir l’autre lui permet ou pas d’exprimer sa joie.
Je visite mes frères de cellule en difficulté

10.  Se laisser toucher, prendre soin et accompagner
Pour garder mon cœur ouvert, j’abandonne mes préjugés
J’écoute mon prochain pour être plus près de lui.
J’aide mon prochain jusqu’à ce qu’il se relève.

11.   Oser inviter à la rencontre
La prière me donne l’audace de la rencontre.
Je fais passer mon intérêt après celui de mon prochain, je n’attends rien en retour
Mon prochain me fait honneur en acceptant mon invitation.






Le livre des merveilles du Secours catholique

Voici un extrait du livre diocésain des « merveilles et des fragilités ». Ce document relate les difficultés et les joies constatées ou vécues localement par des chrétiens, dans les paroisses, mouvements, lieux d’accueil pour personnes en difficultés. 


LE LIVRE DES MERVEILLES SECOURS CATHOLIQUE


Merveilles cueillies à Jonzac, Marans, Aytré-délégation, Surgères, Rochefort, Pons-Gémozac, Saintes, Ile de Ré, La Rochelle, Pont l’Abbé – Saint Porchaire.

Le Secours Catholique

La structure du Secours Catholique, c’est important pour nous aider à tenir bon dans le temps.
Je me suis engagée au Secours Catholique à cause de la manière d’approcher d’autres et le lien avec la parole de Dieu. Être bénévole au Secours Catholique : la manière de vivre l’Évangile.
Liens entre les différentes associations : restos du cœur et le Secours Catholique, il y a une complémentarité.
L’équipe de bénévoles est formidables et on se soutient ensemble. Au Secours Catholique, je trouve ce que je viens chercher. J’y vis la mission reçue.
J’ai choisis le Secours Catholique ; je remercie ceux qui m’ont si bien reçu, une petite équipe presque familiale.
C’est important dans ma vie d’être au Secours Catholique. Ça compte, un groupe d’amis. Ça compte, les gestes de délicatesse en équipe.
Ici c’est le Secours Catholique et il y a tout pour accueillir.
Au Secours Catholique, j’ai rencontré des personnes, une équipe, un métier, un emploi, un engagement social.
Être utile ! Le Secours Catholique et son utilité c’est une œuvre monumentale.
Le Secours Catholique aide à faire briller la pépite qui est en chacun.
Sensible aux milieux associatifs, je suis content d’être au Secours Catholique.
Je m’appuie sur les paroles du fondateur de Secours Catholique.
Le Secours Catholique, je pensais que c’était que pour les cathos.
Au Secours, j’y suis bien parce qu’on apporte aux gens.
Le Secours, l’équipe, sa structure, un soutien qui m’aide, qui m’apprend les autres.
La structure de l’organisation m’aide à prendre la bonne distance avec les personnes rencontrées.
Le secours, un lieu de partage pour reconnaître la fraternité à vivre et la réalité du monde.
Il y a longtemps que je chemine avec des personnes pauvres ; je refuse l’injustice ; une amie m’a invité à venir au Secours Catholique.
Faire le lien Secours Catholique/Catéchisme.

Les autres

J’apprécie les échanges avec des personnes très différents.
Quand on donne, on reçoit. Ma vocation, c’est d’aider les autres.
J’ai toujours eu le désir d’aller vers les autres et maintenant, à la retraite, j’ai le temps de le faire.
J’aime rencontrer les autres et, souvent, après, j’en rends grâce.
Nous sommes différents comme bénévoles, mais vraiment ensemble pour les autres.
Les accueillis sont très attentifs à d’autres dans le besoin, il y a souvent une grande solidarité. Les gens précarisés se soutiennent «  chacun est aimé. »
Travailler avec des bénévoles qui ont à partager des compétences.
Exister se sentant aimer des autres « Je suis content d’être là, les gens par un travail réel ».
J’ai découvert que chacun pouvait donner… la réciprocité entre des personnes accueillies, accueillant, bénévoles ou salariés.
Interpellé par quelqu’un d’autre, ça me fait connaître du monde.
Je reçois tellement ! L’équipe, c’est important.
Important pour moi d’être proche des gens. Important d’apporter aux autres
Je pense être un bon serviteur en équipe.
Rencontrer des personnes et faire un bout de chemin ensemble.
Des personnes s’engagent au service des autres « la rencontre d’autres cultures ».
Des pauvres donnent aux autres pauvres.
Certains viennent et demande de prier.
Une rencontre d’autres personnes. Rencontrer les autres c’est magique !
Être attentif aux autres, c’est être chrétien ; voir les gens comme des personnes. Le regard
Solidarité entre nous, en équipe, au cœur de nos actions.
Nous avons de bonnes relations avec les assistantes sociales, dans chaque CCAS, avec les autres associations d’entraide. Avec des grandes surfaces qui offrent des produits alimentaires.
Accompagner les personnes dans les maisons de retraite, à la prison, c’est important.
La rencontre nous fait grandir, même si ça peut être dur, on a en retour.
On se nourrit des autres rencontrés. Qu’ils se nourrissent et sentent de la chaleur.
Ils nous aident à vivre. On est à l’écoute des gens.

Être chrétien

C’est une évidence, quand on est chrétien, d’aider les autres.
Cet engagement nourrit ma foi au quotidien.
Appelée il y a cinq ans, j’y ai répondu parce que j’ai la foi et la passion d’aider.
Servir la fraternité, vivre auprès des pauvres. Approcher les exclus, les marginaux. Jésus invite à se reprendre en main pour retrouver sa dignité d’homme.
Je suis catholique, je désire être « utile » ; je suis heureuse d’être là, d’avoir des contacts avec des personnes accueillies.
Je suis athée et j’essaye d’aider mon prochain.
Le mot « catho »ne me gêne pas, il me rappelle que j’ai eu une éducation religieuse.
J’ai reçu cela comme un appel. Je donne ce que je peux.
Le Christ m’appelle à mettre sa parole en  actes.
La place de la prière dans ma vie de bénévoles. J’ai besoin pour mon quotidien de prier.
Pour vivre ce service, j’essaie de m’appuyer sur une parole quotidienne.
J’ai lu tout l’Évangile de Saint-Marc.
Marqué par ma famille chrétienne, je ne pense pas être arrivé au Secours Catholique « par hasard ».
J’étais très éloignée de ma religion, j’ai croisé là des gens qui m’interpellent.
J’y trouve quelque chose de bien construit pour ma foi.
Le Secours Catholique, un lieu pour  approfondir ma foi, suite à mon baptême, la foi aide et engage.
Quand j’ai un pauvre devant moi, j’ai  le Christ. Ce qu’on vit, c’est l’Évangile.
Je vais chaque année chercher de la force à Lourdes au pèlerinage.

L’Église

Je suis sensible au message social de l’Église.
Les liens avec les prêtres de la paroisse sont très bons, on travaille ensemble au service des autres.
Je représente Secours Catholique au conseil paroissial.
La force de croire en l’homme, j’ai fini par croire en Dieu.
J’ai reçu, je donne, je rends service.
Appelée par l’Église, je veux faire des choses.
J’ai été appelé à ce service par le Conseil Pastoral de ma paroisse.

Vécus

On reçoit beaucoup sans attendre quelque chose.
J’essaie d’être à l’écoute.
J’ai repéré une maman recueillie au Secours Catholique qui demande le baptême pour son bébé et je vais aller la voir
J’ai souffert dans ma vie et je veux aider ceux qui souffrent à mon tour.
Noël, les Rameaux, Pâques, nous profitons de ces fêtes pour parler à l’aide de la parole aux accueillis.
J’étais catéchiste et investie au CCFD, c’est le hasard qui m’a amené au Secours Catholique où j’ai découvert le vestiaire, l’atelier. On m’a proposé d’aider pour une période de trois mois ; j’y suis toujours.
On t’a accueilli par ce que tu nous plaisais.
Le départ de sœur Odette m’a donné l’opportunité de la remplacer pour porter les colis.
Vivre dans le monde associatif, lier des connaissances. En être heureux. Vivre des temps forts, une ambiance, une convivialité.
Je suis accueilli. Je m’enrichis. Ça m’apporte. C’est une joie, un plaisir.
Je suis contente de venir ici, je découvre le don.
D’accueillie, je suis devenu bénévole. de personne démunie, je suis devenu utile. Je suis ravie d’être utile, c’est gratifiant.
Je suis entraînée plus loin que je ne le pensais au départ.
Je retrouve des compétences professionnelles déjà exercées. J’apprends chaque jour.
Animateur, je ne dois pas dire n’importe quoi.
J’aime le contact avec les personnes qui vivent elles-mêmes un travail qui fait du bien.
Appelé à rendre service, ça m’a apporté l’humilité.
Faire ce qu’on peut faire et en être heureuse.
Allez là où on a besoin de moi ; j’ai besoin de m’engager.
Il y a plus malheureux que soit ; aider ça apporte beaucoup.
Être à l’écoute des jeunes, des voisins,  des enfants. Élargir notre propre famille.
Ça m’aide à vivre, même en portant des choses difficiles pour moi. Je m’éclate !
Prendre du temps, se donner du temps, pour partager en équipe.
Etre des grands-mères de cœur pour soulager les mamans.
Certes, avec des regards différents, on s’entraide. Être en équipe pour aider est indispensable.
Des fois, on n’a pas envie, alors, on se fait remplacer.
Besoin de partager parce que parfois, on vit mal les accueillis. Des réunions pour partager ; le groupe accueil se réunit une fois par mois. En fin de journée aussi, pour relire.
Être bénévole fait grandir, même si ça nous coûte.
On est une équipe. On se connaît en équipe. On est volontaires. On est heureuses.
 J’ai du temps à donner. Je rends service. Ça fait… depuis longtemps.
S’il y a des besoins, je suis là. Je fais du repassage de vêtements à donner. Je bricole.
Je prépare et donne le café, je suis à la boutique, je fais de l’accompagnement scolaire.
Je découvre, j’apprécie, ça m’apporte.
On s’entraide, on s’épaule, on se parle de ce qu’on fait.
Les rencontres avec les gens, ça m’apporte de l’amitié. On entre dans une vraie relation.

Dans l’autocar au retour du Pélé à Lourdes

(Ecoute indiscrète d’une conversation téléphonique)
François, je rentre de Lourdes, j’ai acheté un cierge pour toi, je l’ai allumée à la grotte ; pour toi, j’ai prié, tu es mon ami !
Conversation entre une maman et son petit garçon :
Maman, tu veux bien que je sois assis près de toi ? Oui, tu es de bonne compagnie !

Encore des merveilles cueillies ici ou là

Une personne sans domicile fixe a un pantalon jean en loques. Deux autres lui offrent chacun un pantalon de rechange : regarde si ça te va… ça n’allait pas très bien, mais va quand même !
Quoi que nous fassions, c’est toujours de la diaconie !
J’ai découvert qu’être là, présent à côté de l’autre, c’est être comme le Christ qui est là, présent, attentif et silencieux.
C’est agaçant les pauvres ; sacré en nous des à priori. Ça fait de nous des agacés, surtout avec nous-mêmes. je navigue entre culpabilité et action de grâces. Le seigneur m’accompagne.
Je viens être lampadaire qui porte la lumière -« celle qu’il ne faut pas mettre sous un couvercle ».

Merveilles dans une paroisse  (Témoignage d’une maman)

J’ai connu une vie étrange. Mariée, j’ai vécu avec mes six enfants de nombreux voyages, et j’instruisais moi-même nos enfants. Quand mon couple a éclaté, je me suis retrouvé seule, chef de famille, avec six enfants à gérer. J’étais interloquée, déphasée, désorientée, avec des difficultés de toutes sortes. Pendant les vacances d’été, le Secours Catholique m’a permis de changer de cap. Nous avons participé tous les sept au pèlerinage diocésain à Lourdes. Là-bas c’était génial. Sur la route, des accompagnatrices nous soutenaient par des chants et des prières.
Deux animateurs entraînaient les 11 enfants du  groupe. L’ambiance était très bonne, le groupe soudé, les bénévoles à notre écoute. C’était ce qu’il nous fallait : la socialisation des enfants dans les meilleures conditions au monde, et le soutien des parents par des conseils avisés.
Une bonne prise en main des enfants nous a permis à nous les adultes, de vivre pleinement la procession mariale ainsi que les autres temps forts du pèlerinage.
Ainsi soutenue, j’ai ressenti un grand calme intérieur, la paix, le pardon, la miséricorde.
J’ai envie de dire au Secours Catholique : MERCI.
J’avais faim et vous m’avez nourri, j’avais soif il avait donné à boire, j’étais étranger et vous avez accueilli, j’étais dans le besoin et vous êtes venus à mon secours.
Puis, de l’aînée de ses enfants
A la cité Saint-Pierre du Secours Catholique à Lourdes, j’ai pu faire cet été de magnifiques rencontres. D’ailleurs, ma vie est faite de rencontres de toutes sortes. Depuis, j’ai gardé contact avec certaines personnes.
Il y a une très belle rencontre dont je me souviens encore : lors de la procession mariale aux flambeaux, j’ai sympathisé avec une mamie anglaise  venue toute seule en pèlerinage à Lourdes. Lors de cette veillée, je la voyais perdue. Elle avait besoin de compagnie. J’ai donc accepté de se joignent à nous et nous avons un peu conversé ensemble. Durant la messe, nous nous sommes tenus la main à plusieurs reprises. Je garderai longtemps se souvenir.
Et puis j’ai réalisé que, malgré la barrière de la langue, il y avait une cohésion forte entre moi cette mamie.
Toutes les nations réunies sur la place formaient une même unité, celle des chrétiens.

Au service

Bénévole pendant 20 ans à l’aumônerie d’une école militaire, Ginette se souvient de ces moments de rencontres et de spiritualité.
Ces rendez-vous hebdomadaires étaient inscrits dans un climat de confiance de partage.
Le soir, après les cours, elle accueillait les élèves en manque de famille et d’écoute.
Ils parlaient librement.
Elle les écoutait attentivement, les réconforter moralement téléguidées à la rencontre de Dieu et du monde chrétien.
Souvent marraine lors des pèlerinages à  Lourdes, elle garde encore des liens très forts avec ses filleuls.
Depuis cinq ans, Thérèse a pris la relève. Aussi dévouée auprès des élèves et fidèle dans son engagement, elle est aussi un soutien pour l’aumônier.
Ginette et Thérèse au service de Dieu, à leur manière

Une équipe !

Lors de la messe de rentrée sur la paroisse de Gémozac, une femme sans famille, 45 ans, aidé depuis plus de 10 ans a accepté de témoigner
Sa connaissance de Secours Catholique se fait pour un besoin financier…au départ ! Puis un autre
Et elle est venu rejoindre notre équipe il y a environ 4 ans, parce qu’elle se sentit accueillie et pour se sentir utile.
Son parcours : enfance douloureuse de foyer en foyer… un mariage qui ne dure pas, un enfant qui a rompu tout contact (dont elle n’a pas su ou n’a pas pu vraiment s’occuper), des copains de galère, la drogue, l’alcool, la maladie, la solitude, le RSA.
Aujourd’hui, dans toute cette souffrance, elle dit «se lever se préparer pour venir aider, parler, être écoutée, rendre service, trouver une place utile » chaque vendredi avec un rôle dans la boutique que nous avons.
Elle ajoute : « avoir trouvé dans le Secours Catholique la famille qu’elle n’a pas».
Des liens se créent, la confiance s’établit doucement. Elle ajoute que l’équipe est sa bouffée d’oxygène

Île de Ré – Haïti : deux îles solidaires

En janvier 2010, l’île d’Haïti a connu un séisme destructeur. En février 2010, c’était à l’île de Ré de connaître le déchaînement des éléments naturels. Les bénévoles de l’équipe du secteur de l’île de Ré ont décidé de créer un lien de solidarité entre nos deux  îles.
En 2011 et 2012, l’équipe a décidé de prolonger cette solidarité en prenant acte que si, pour l’île de Ré, les dégâts ont pu être réparés, il est loin d’en être de même pour Haïti.
Cette solidarité s’inscrit donc, désormais, dans la durée, avec la décision de l’équipe de faire vivre cette solidarité chaque été des années à venir.
2010, appel aux dons lors des assemblées dominicales de juillet et août : 5000 euros, preuve que la générosité qui habite le cœur des chrétiens est toujours une merveille.
2011, proposition des "bonbons de la solidarité" et "brocante solidaire". L’opération "bonbon de la solidarité" a consisté à mettre des bon achetés en gros dans des petit sachets proposés à la sortie des messes, à raison d’un dimanche sur juillet et août : 2000 euros.
L’opération "brocante solidaire" : appel au public pour le don d’objets. Deux brocante : 1500 euros.
2012, on recommence : 3500 euros.
Total : 12000 euros adressés à Haïti, pour le soutien en 2010 et 2011 d’un projet d’aide à la scolarité des enfants de 800 familles déplacées de Port- au-Prince à Cayes, et en 2012, pour le soutien à la reconstruction du foyer de Sixto, foyer de jeunes travailleurs de Port-au-Prince.
L’équipe de l’île de Ré est heureuse de vous faire partager la merveille qu’a représenté, pour elle, les élans de générosité qu’elle a pu constater.


Un donateur "Cadeau de Noël"

Fin 2011, appel reçu : "je souhaiterais faire un cadeau de Noël aux personnes de votre secteur dans la difficulté".
Approfondissement de la proposition : le donateur de rester incognito.
Avec lui, nous avons décidé de répartir son don de4600 euros en lien très étroit avec les assistantes sociales de l’ile. Avec elles, nous avons décidé d’effectuer la répartition en fonction d’un nombre d’étoiles de Noël correspondant à une échelle de besoins identifiés.
Merveilles ! La surprise des personnes et des, c’est leur sourire à la réception du temps, ce sont les phrases entendues à cette occasion : "c’est bien la première fois il m’arrive une chose comme ça" ; "je n’y crois pas" ; "c’est mon petit qui va être heureux".
Merveilles de solidarité concrète, que nous sommes heureux de partager. Bonheur que procure le partage et la joie du don qui habite le cœur de certains.

Joyeux Noël

L’histoire a commencé par une aide alimentaire classique, mais cette personne d’origine allemande, avait du mal avec les documents administratifs pour bénéficier de ses droits. De plus, il avait des problèmes avec son propriétaire (logements hors normes), pas d’arrivée d’eau. Donc j’ai fait de très nombreuses interventions.
Un jour, je reçois un SMS, et je me suis dit : "il a besoin de quelque chose" ; en fait, il avait pu s’acheter du café en poudre, et il tenait à m’offrir "sa première place de café".
Depuis, pas un seul Noël sans qu’il ne me souhaite un joyeux Noël.

William : "depuis deux ans je me sens bien"

Il est devenu bénévole après avoir été accueilli.
Lors de la reprise de l’atelier cuisine, chacun raconte ses dernières aventures ; très vite, William retient toute l’attention.
T-shirt marin, ancre et gouvernail, il arbore fièrement son souvenir de Bretagne. Il revient de Sainte-Anne-d’Auray, du camp d’été du Secours Catholique dans lequel il officiait comme cuisinier.
A tout juste 50 ans, c’est la première fois qu’il était bénévole, et il recommencerait sans se faire prier.
"Ça m’a fait du bien, j’aime aider les gens", raconte-t-il. Il s’est senti valoriser. Il garde en mémoire les 60 gamins qui, tous les soirs, en sortant de table, lui disait : "William, c’était bon, merci ! " il revoit les plats vides, tellement ses mets étaient appréciées.
En cuisine, c’est un chef. Son travail, il l’a pris au sérieux. "Le premier jour, lorsque j’ai vu ce troupeau arrivé, je me suis demandé : mais comment je vais faire ? " un peu d’organisation et de courage ont suffi. C’est un fin cuisinier, on sent la précision dans ses gestes.
En somme, c’est un chef, "un pro" disent ses amis de l’atelier cuisine de Jonzac. William les a rejoints en 2010, "et depuis, je suis resté". Il apprécie les moments passés à l’atelier. C’est qu’il a été longtemps seul. "ma famille, c’est comme si je n’en avais plus», explique William. Son histoire est difficile, il porte encore les séquelles de son enfance qu’il décrit comme malheureuse, les altercations avec son père. Au Secours Catholique, il a trouvé de la compagnie, des amis. "avant, j’étais renfermé, je sortais peu. Depuis deux ans, je me trouve bien", sourit-il.

Retrouver confiance. Autour de la table, beaucoup ont eu des vies dures. "ils arrivent souvent casser, sans emploi, sans confiance dans la vie, sans confiance en eux", rapporte la responsable de l’atelier.
De même se définissent comme des "accueillis" aux ateliers, il se libère, trouvent un nouveau souffle.

Pour William, ça a été une porte vers l’engagement,  l’entraide.
A l’année, il travaille comme jardinier dans un domaine. Il fait aussi les saisons de vendanges. Et désormais, il n’hésitera pas à repartir comme bénévole.

Vive le Secours Catholique, vive l’amitié, vive l’amour !

Moi, je suis mauritanien, je suis musulman pratiquant, mais je suis heureux de participer avec le Secours Catholique.
Ici, le Blanc est à côté du Noir, l’Arabe est à côté de l’Africain. Il y a cette grande volonté de redonner aux gens qui avaient des idées noires de vraiment retrouver l’espérance. Il n’y a pas de place pour le désespoir. Il y a ces jeunes prêts à sacrifier leur temps, leurs moyens, leurs idées, pour vraiment nous aider à retrouver le sens de la vie.

jeudi 4 juillet 2013

Que l'Esprit Saint me conduise à entretenir cette ouverture (témoignage sur le rassemblement)

Pour commencer le rassemblement, nous avons été invités à un jeu de mains et de regards, qui disait d'emblée ce que Diaconia nous invitait à vivre : une conversion du regard, de la créativité dans la simplicité. Dans son discours inaugural, Mgr Housset a souligné que « les humiliés nous font découvrir l'humilité de Jésus qui est le cœur de son amour » ; il a souhaité que par ce rassemblement, « nos actions de solidarité et de fraternité soient davantage animées par la charité même de la Trinité ».

Le rassemblement avait été préparé avec un comité de personnes en situation de fragilité qui s'est intitulé « Place et parole des pauvres ». Ces personnes nous ont interpelés dans leurs interventions émouvantes : l'une disait : « Nous les pauvres, comme vous dites. »
Une personne relevait que Jésus dans l'Evangile rencontre toujours la personne dans son besoin et que trop souvent, on imagine ce dont les pauvres ont besoin. Elle racontait qu'on lui avait trouvé de quoi nourrir sa famille, parce-que ceux qui l'entouraient pensaient que c'était l'essentiel… « Est-ce qu'on est seulement des estomacs », demandait-elle ? « J'aurais eu besoin qu'on me donne la parole. » Une autre disait que sur une église, était tagué : « Ouvrez les portes, Dieu est à tous ! » « Est-ce que l'on pourrait rendre les gens utiles selon les dons du St Esprit, c'est Lui qui fait l'Eglise ? », demandait une autre personne.

Chaque jour, nous avons eu l'occasion de partager l'Evangile avec  des personnes en situation de fragilité, et de dialoguer, puisque nous vivions au quotidien en petites fraternités de 6 personnes de chaque diocèse, ce qui nous a valu de resserrer nos liens.

12 livres des fragilités et des merveilles ont été apportés en procession lors de la cérémonie d'ouverture, témoignages de proximité vécue au quotidien...

3 questions nous étaient proposées pour vivre ce rassemblement:
1) Qu'est-ce que je découvre de Toi Dieu au travers de la rencontre de l'autre ?
2) « Etre au service : ça change quoi pour moi ? Ça m'engage à quoi ? Quels appels j'entends à mettre mes pas dans ceux du Serviteur(le Christ) ? »
Le père Etienne Grieu (jésuite) en introduisant ces questions disait : « Il est important que cette question vienne après la précédente. On ne dit pas faire service, mais rendre service : le serviteur redonne ce qu'il a reçu. Il accueille et ne retient pas. Le chemin du serviteur est un chemin de conversion toujours à reprendre, car nous sommes toujours tentés par la prise de pouvoir, le découragement, les jugements hâtifs, les rêves de succès, l'activisme. »
3) « Une Eglise au service »: quelles images cette expression fait naître en moi ? Comment puis-je aider l'Eglise, les communautés chrétiennes que je connais à être, dans la société, davantage au service ?

Ces trois jours ont été selon l'expression de quelqu'un « un petit laboratoire de la fraternité » avec :
- Des spectacles (par exemple les Nez'vangiles, clowns itinérants se promenant dans le sanctuaire avec une animation sur le lavement des pieds),
- des animations spirituelles (aussi variées que : vivre un temps spirituel au travers de la danse, atelier de communication en famille, Chemin de Croix avec le Sappel)
- des animations culturelles et ludiques : je n'ai vu que l'œuvre collective symbolisant la fraternité, une grande sculpture de deux mains pour la cérémonie de clôture dur le podium.
- des partages d'expériences : migrants, ateliers d'insertion, les malentendants dans nos églises, partager la Parole dans les quartiers, échanges de lettres avec des prisonniers...
- des rencontres avec un témoin : j'avais envie d'écouter le père Gustavo Guttierez, théologien argentin de la libération, pour m'approcher à travers lui du pape François.

J'ai retenu :
- Il a resitué  la dynamique du concile, avant tout dans le défi de la modernité.
- Il a détaillé l'option préférentielle pour les pauvres, disant que le cœur de la théologie de la libération est l'annonce du salut et que ce n'est justement pas une option, la pauvreté étant une réalité complexe de personne considérée comme « insignifiante » au regard de son poids social.
- Il a insisté sur deux points clés : un temps on parlait de la pauvreté comme d'une fatalité, mais il faut rechercher les causes de la pauvreté, rejeter la condition inhumaine de la pauvreté et en même temps, nous sommes appelés à une pauvreté spirituelle, elle est l'essence de notre filiation puisque il s'agit d'avoir l'humilité de mettre nos vies dans les mains de Dieu... tenir ces deux pôles à la fois !
- Il a repris une phrase de Paul VI : « Le monde doit savoir qu'on est pas ici pour le conquérir, mais pour le servir. »
Et de conclure sur la théologie de la libération : pour moi, faire de la théologie, c'était écrire une lettre d'amour à mon Eglise, à mes frères ! L'amour est le même mais l'expression est différente. La mondialisation est un grand défi à l'annonce de la foi. La théologie est une réflexion de la pratique à la lumière de l'Evangile et nécessite une adaptation.

Le lendemain, j'ai participé à une rencontre sur le thème : « L'Eglise en milieu rural : quand le manque de moyens invite à la créativité dans le souffle de l'Esprit « rencontre animée par Mgr Turini, (en remplacement de Mgr Mousset, rappelé à un enterrement dans sa famille).
Ce qui a résonné en moi, c'est que plus on est pauvre, plus des liens se créent et que de l' « effondrement » (c'est le mot qu'il a employé) des communautés chrétiennes naissent des initiatives fraternelles évangéliques pour que la présence du Seigneur reste vivante dans les clochers.
En résumé, la pauvreté des moyens conduit à une plus grande proximité avec l'extérieur (le municipal, l'associatif) de l'Eglise, nous purifie, remet le Christ au centre, et nous conduit à l'amour fraternel.

Le vendredi, 41 forums étaient proposés, des lieux participatifs pour faire des propositions et en faire ressortir une idée commune, par exemple :
-  « Les communautés chrétiennes : des lieux de fraternité pour les personnes séparées divorcées remariées » ont proposé que le dimanche de la Miséricorde, tous les chrétiens vivent en communion avec eux le jeûne eucharistique.
- « Bien manger, bien vivre » : à partir d'une épicerie solidaire, une initiative de paroissien qui offre des légumes frais, puis un bout de jardin aux personnes en précarité... puis des jardiniers qui viennent apprendre leur savoir-faire , des grands-mères qui donnent des cours de cuisine… tout un maillage qui se tisse autour d'une initiative ;
- Pour ma part, j'ai participé à « catéchèse et diaconie » avec Bernard Vignera de Limoges et Luc Mellet où il a bien été redit que la catéchèse se déploie aujourd'hui à tous les âges de la vie. Une initiative m'a particulièrement interpellée : dans un lycée, les jeunes se sont vus proposer des services du pauvre sur des terrains divers (café le matin aux SDF avant le début des cours, visites le mercredi dans un hospice, aide aux devoirs le soir etc.) et cette diaconie a été la base du parcours de catéchèse : les fondateurs des familles spirituelles à l'origine des actions, les textes de la Bible et du magistère de l'Eglise, les temps liturgiques, avec en fond une phrase de Mère Térésa : « Nous sommes les missionnaires de la charité, pas des travailleurs sociaux. »

Le service national de la catéchèse a souligné trois préoccupations :
1) L'annonce de la foi passe nécessairement par le témoignage de vie, par le soin du prochain, c'est une composante essentielle de la nouvelle évangélisation.
2) Le service du frère est écoute / dialogue / accompagnement… pas de catéchèse qui ne recherche où se trouvent les questions vitales de nos contemporains.
3) Le service du frère fait grandir la communion, la fraternité. Sans renouveau de fraternité, il n'y a pas de catéchèse possible, car elle ne trouve pas de terreau nourrissant. C'est l'expérience d'être relevé qui révèle Jésus.
Sont remontés de nos échanges les mots : partir des besoins des gens, fraternité, décloisonnement des services, adaptation...

Les Eucharistie de l'Ascension et de clôture ont été au cœur du rassemblement. Juste avant la messe de l'Ascension, des malades ont reçu une onction d'huile, rappelant l'onction à Béthanie, parce-que disait le diacre, « la charité comme le parfum créée une ambiance de fête ». Il disait aussi : « Ce qui a le plus de prix, c'est le geste d'amour ; ce qui a le plus de valeur, c'est de croire que la mort et toutes les souffrances n'ont pas le dernier mot. »
Bien sûr elles ont été des temps exceptionnels, avec place aux fragiles : un aveugle a lu une lecture, des adultes trisomiques servaient les célébrants, les textes étaient accompagnés de gestes simples, des processions des offrandes liées aux prières universelles avec des cubes aux photos des grands témoins ou de scènes de fraternités... le Christ restant au centre dans un recueillement qui ne donnait rien de théâtral, mais rendait Jésus vivant et proche.
Le pape François a envoyé un message- (le 1er au peuple français )dont je retiens 2 phrases :
« Dans la Bible, la pauvreté est avant tout une qualité pour suivre le Christ. » Et «Notre contribution dans ce monde en crise est d'apporter un amour qui résiste au fatalisme ambiant parcequ’ animé par l'Espérance qui nous vient du Christ ressuscité. En s'associant avec les plus pauvres, il s'agit de redécouvrir des expériences prophétiques et pleines de sens. »
Je crois que c'est ce que nous avons vécu à Diaconia.

Le rassemblement était vraiment intergénérationnel ; les jeunes nombreux étaient basés à la cité St Pierre, avec des prises de paroles engagées sur le podium ; ils ont aussi initié un freeze mob, un temps d'immobilisation en silence pour manifester la force de la fraternité contre toute forme d'exclusion... pendant qu'une cantatrice depuis la grotte chantait un magnifique Ave Maria de Gounot. Ils ont aussi préparé le spectacle de la veillée de clôture, qui se poursuivait avec une fête, ou une Eucharistie à la grotte, ou une veillée préparée par la communauté de l'Arche avec lavement des pieds, sacrement de Réconciliation, et binômes d'accueil ; un service d'écoutants était disponible, reconnaissables par leurs foulards madras tout au long des 3 jours ; nous en faisions partie.

Je terminerai par 2 paroles de conclusion de « place et parole des pauvres » avant la prière de Diaconia :
- « Jésus a été transfiguré avant d'être défiguré et nous on a été défiguré pour être mieux transfigurés. »
- « Dieu est vrai ; tout l'Evangile est vrai, c'est les frères et sœurs qui me l'ont fait découvrir. » 3 mots pour terminer, disait la même personne : « J'ai besoin de toi – j'ai confiance en toi – alors, viens, qu'est-ce qu'on fait ensemble? »

Je rends grâce d'avoir été interpellée par une personne en précarité (amie) qui me demande régulièrement de s'engager dans l'Eglise... c'est elle et d'autres qui m'ont poussée à aller à ce rassemblement pour convertir mon cœur et chercher à avancer dans la fraternité évangélique avec les personnes eu périphérie ou en fragilité.
Magnificat pour ce que nous avons vécu ! Que l'Esprit Saint me conduise à entretenir cette ouverture à une place et parole des pauvres dans toutes les dimensions de ma vie.