Voici un extrait du livre diocésain des « merveilles et des fragilités ». Ce document relate les difficultés et les joies constatées ou vécues localement par des chrétiens, dans les paroisses, mouvements, lieux d’accueil pour personnes en difficultés.
LE LIVRE DES MERVEILLES SECOURS CATHOLIQUE
LE LIVRE DES MERVEILLES SECOURS CATHOLIQUE
Merveilles cueillies à Jonzac, Marans,
Aytré-délégation, Surgères, Rochefort, Pons-Gémozac, Saintes, Ile de Ré, La
Rochelle, Pont l’Abbé – Saint Porchaire.
Le Secours Catholique
Le Secours Catholique
La structure du Secours Catholique, c’est important pour nous aider à tenir bon dans le temps.
Je me suis engagée au Secours Catholique à cause de la
manière d’approcher d’autres et le lien avec la parole de Dieu. Être bénévole
au Secours Catholique : la manière de vivre l’Évangile.
Liens entre les différentes associations : restos du
cœur et le Secours Catholique, il y a une complémentarité.
L’équipe de bénévoles est formidables et on se soutient ensemble.
Au Secours Catholique, je trouve ce que je viens chercher. J’y vis la mission reçue.
J’ai choisis le Secours Catholique ; je remercie
ceux qui m’ont si bien reçu, une petite équipe presque familiale.
C’est important dans ma vie d’être au Secours Catholique.
Ça compte, un groupe d’amis. Ça compte, les gestes de délicatesse en équipe.
Ici c’est le Secours Catholique et il y a tout pour accueillir.
Au Secours Catholique, j’ai rencontré des personnes, une
équipe, un métier, un emploi, un engagement social.
Être utile ! Le Secours Catholique et son utilité
c’est une œuvre monumentale.
Le Secours Catholique aide à faire briller la pépite qui
est en chacun.
Sensible aux milieux associatifs, je suis content d’être
au Secours Catholique.
Je m’appuie sur les paroles du fondateur de Secours
Catholique.
Le Secours Catholique, je pensais que c’était que pour
les cathos.
Au Secours, j’y suis bien parce qu’on apporte aux gens.
Le Secours, l’équipe, sa structure, un soutien qui
m’aide, qui m’apprend les autres.
La structure de l’organisation m’aide à prendre la bonne
distance avec les personnes rencontrées.
Le secours, un lieu de partage pour reconnaître la
fraternité à vivre et la réalité du monde.
Il y a longtemps que je chemine avec des personnes
pauvres ; je refuse l’injustice ; une amie m’a invité à venir au Secours
Catholique.
Faire le lien Secours Catholique/Catéchisme.
Les autres
Les autres
J’apprécie les échanges avec des personnes très différents.
Quand on donne, on reçoit. Ma vocation, c’est d’aider les
autres.
J’ai toujours eu le désir d’aller vers les autres et
maintenant, à la retraite, j’ai le temps de le faire.
J’aime rencontrer les autres et, souvent, après, j’en
rends grâce.
Nous sommes différents comme bénévoles, mais vraiment
ensemble pour les autres.
Les accueillis sont très attentifs à d’autres dans le
besoin, il y a souvent une grande solidarité. Les gens précarisés se
soutiennent « chacun est aimé. »
Travailler avec des bénévoles qui ont à partager des
compétences.
Exister se sentant aimer des autres « Je suis content
d’être là, les gens par un travail réel ».
J’ai découvert que chacun pouvait donner… la réciprocité
entre des personnes accueillies, accueillant, bénévoles ou salariés.
Interpellé par quelqu’un d’autre, ça me fait connaître du
monde.
Je reçois tellement ! L’équipe, c’est important.
Important pour moi d’être proche des gens. Important
d’apporter aux autres
Je pense être un bon serviteur en équipe.
Rencontrer des personnes et faire un bout de chemin
ensemble.
Des personnes s’engagent au service des autres « la
rencontre d’autres cultures ».
Des pauvres donnent aux autres pauvres.
Certains viennent et demande de prier.
Une rencontre d’autres personnes. Rencontrer les autres
c’est magique !
Être attentif aux autres, c’est être chrétien ; voir
les gens comme des personnes. Le regard
Solidarité entre nous, en équipe, au cœur de nos actions.
Nous avons de bonnes relations avec les assistantes
sociales, dans chaque CCAS, avec les autres associations d’entraide. Avec des
grandes surfaces qui offrent des produits alimentaires.
Accompagner les personnes dans les maisons de retraite, à
la prison, c’est important.
La rencontre nous fait grandir, même si ça peut être dur,
on a en retour.
On se nourrit des autres rencontrés. Qu’ils se
nourrissent et sentent de la chaleur.
Ils nous aident à vivre. On est à l’écoute des gens.
Être chrétien
Être chrétien
C’est une évidence, quand on est chrétien, d’aider les
autres.
Cet engagement nourrit ma foi au quotidien.
Appelée il y a cinq ans, j’y ai répondu parce que j’ai la
foi et la passion d’aider.
Servir la fraternité, vivre auprès des pauvres. Approcher
les exclus, les marginaux. Jésus invite à se reprendre en main pour retrouver
sa dignité d’homme.
Je suis catholique, je désire être « utile » ; je
suis heureuse d’être là, d’avoir des contacts avec des personnes accueillies.
Je suis athée et j’essaye d’aider mon prochain.
Le mot « catho »ne me gêne pas, il me rappelle que j’ai
eu une éducation religieuse.
J’ai reçu cela comme un appel. Je donne ce que je peux.
Le Christ m’appelle à mettre sa parole en actes.
La place de la prière dans ma vie de bénévoles. J’ai
besoin pour mon quotidien de prier.
Pour vivre ce service, j’essaie de m’appuyer sur une
parole quotidienne.
J’ai lu tout l’Évangile de Saint-Marc.
Marqué par ma famille chrétienne, je ne pense pas être
arrivé au Secours Catholique « par hasard ».
J’étais très éloignée de ma religion, j’ai croisé là des
gens qui m’interpellent.
J’y trouve quelque chose de bien construit pour ma foi.
Le Secours Catholique, un lieu pour approfondir ma foi, suite à mon baptême, la
foi aide et engage.
Quand j’ai un pauvre devant moi, j’ai le Christ. Ce qu’on vit, c’est l’Évangile.
Je vais chaque année chercher de la force à Lourdes au
pèlerinage.
L’Église
L’Église
Je suis sensible au message social de l’Église.
Les liens avec les prêtres de la paroisse sont très bons,
on travaille ensemble au service des autres.
Je représente Secours Catholique au conseil paroissial.
La force de croire en l’homme, j’ai fini par croire en
Dieu.
J’ai reçu, je donne, je rends service.
Appelée par l’Église, je veux faire des choses.
J’ai été appelé à ce service par le Conseil Pastoral de
ma paroisse.
Vécus
On reçoit beaucoup sans attendre quelque chose.
Vécus
On reçoit beaucoup sans attendre quelque chose.
J’essaie d’être à l’écoute.
J’ai repéré une maman recueillie au Secours Catholique
qui demande le baptême pour son bébé et je vais aller la voir
J’ai souffert dans ma vie et je veux aider ceux qui
souffrent à mon tour.
Noël, les Rameaux, Pâques, nous profitons de ces fêtes
pour parler à l’aide de la parole aux accueillis.
J’étais catéchiste et investie au CCFD, c’est le hasard
qui m’a amené au Secours Catholique où j’ai découvert le vestiaire, l’atelier.
On m’a proposé d’aider pour une période de trois mois ; j’y suis toujours.
On t’a accueilli par ce que tu nous plaisais.
Le départ de sœur Odette m’a donné l’opportunité de la
remplacer pour porter les colis.
Vivre dans le monde associatif, lier des connaissances.
En être heureux. Vivre des temps forts, une ambiance, une convivialité.
Je suis accueilli. Je m’enrichis. Ça m’apporte. C’est une
joie, un plaisir.
Je suis contente de venir ici, je découvre le don.
D’accueillie, je suis devenu bénévole. de personne
démunie, je suis devenu utile. Je suis ravie d’être utile, c’est gratifiant.
Je suis entraînée plus loin que je ne le pensais au
départ.
Je retrouve des compétences professionnelles déjà
exercées. J’apprends chaque jour.
Animateur, je ne dois pas dire n’importe quoi.
J’aime le contact avec les personnes qui vivent
elles-mêmes un travail qui fait du bien.
Appelé à rendre service, ça m’a apporté l’humilité.
Faire ce qu’on peut faire et en être heureuse.
Allez là où on a besoin de moi ; j’ai besoin de
m’engager.
Il y a plus malheureux que soit ; aider ça apporte
beaucoup.
Être à l’écoute des jeunes, des voisins, des enfants. Élargir notre propre famille.
Ça m’aide à vivre, même en portant des choses difficiles
pour moi. Je m’éclate !
Prendre du temps, se donner du temps, pour partager en
équipe.
Etre des grands-mères de cœur pour soulager les mamans.
Certes, avec des regards différents, on s’entraide. Être
en équipe pour aider est indispensable.
Des fois, on n’a pas envie, alors, on se fait remplacer.
Besoin de partager parce que parfois, on vit mal les
accueillis. Des réunions pour partager ; le groupe accueil se réunit une
fois par mois. En fin de journée aussi, pour relire.
Être bénévole fait grandir, même si ça nous coûte.
On est une équipe. On se connaît en équipe. On est
volontaires. On est heureuses.
J’ai du temps à
donner. Je rends service. Ça fait… depuis longtemps.
S’il y a des besoins, je suis là. Je fais du repassage de
vêtements à donner. Je bricole.
Je prépare et donne le café, je suis à la boutique, je
fais de l’accompagnement scolaire.
Je découvre, j’apprécie, ça m’apporte.
On s’entraide, on s’épaule, on se parle de ce qu’on fait.
Les rencontres avec les gens, ça m’apporte de l’amitié.
On entre dans une vraie relation.
Dans l’autocar au retour du Pélé à Lourdes
Dans l’autocar au retour du Pélé à Lourdes
(Ecoute indiscrète d’une conversation téléphonique)
François, je rentre de Lourdes, j’ai acheté un cierge
pour toi, je l’ai allumée à la grotte ; pour toi, j’ai prié, tu es mon
ami !
Conversation entre
une maman et son petit garçon :
Maman, tu veux bien que je sois assis près de toi ?
Oui, tu es de bonne compagnie !
Encore des merveilles cueillies ici ou là
Une personne sans domicile fixe a un pantalon jean en loques. Deux autres lui offrent chacun un pantalon de rechange : regarde si ça te va… ça n’allait pas très bien, mais va quand même !
Une personne sans domicile fixe a un pantalon jean en loques. Deux autres lui offrent chacun un pantalon de rechange : regarde si ça te va… ça n’allait pas très bien, mais va quand même !
Quoi que nous fassions, c’est toujours de la
diaconie !
J’ai découvert qu’être là, présent à côté de l’autre,
c’est être comme le Christ qui est là, présent, attentif et silencieux.
C’est agaçant les pauvres ; sacré en nous des à
priori. Ça fait de nous des agacés, surtout avec nous-mêmes. je navigue entre
culpabilité et action de grâces. Le seigneur m’accompagne.
Je viens être lampadaire qui porte la lumière -« celle
qu’il ne faut pas mettre sous un couvercle ».
Merveilles dans une paroisse (Témoignage d’une maman)
J’ai connu une vie étrange. Mariée, j’ai vécu avec mes
six enfants de nombreux voyages, et j’instruisais moi-même nos enfants. Quand
mon couple a éclaté, je me suis retrouvé seule, chef de famille, avec six
enfants à gérer. J’étais interloquée, déphasée, désorientée, avec des
difficultés de toutes sortes. Pendant les vacances d’été, le Secours Catholique
m’a permis de changer de cap. Nous avons participé tous les sept au pèlerinage
diocésain à Lourdes. Là-bas c’était génial. Sur la route, des accompagnatrices
nous soutenaient par des chants et des prières.
Deux animateurs entraînaient les 11 enfants du groupe. L’ambiance était très bonne, le
groupe soudé, les bénévoles à notre écoute. C’était ce qu’il nous
fallait : la socialisation des enfants dans les meilleures conditions au
monde, et le soutien des parents par des conseils avisés.
Une bonne prise en main des enfants nous a permis à nous
les adultes, de vivre pleinement la procession mariale ainsi que les autres
temps forts du pèlerinage.
Ainsi soutenue, j’ai ressenti un grand calme intérieur,
la paix, le pardon, la miséricorde.
J’ai envie de dire au Secours Catholique : MERCI.
J’avais faim et
vous m’avez nourri, j’avais soif il avait donné à boire, j’étais étranger et
vous avez accueilli, j’étais dans le besoin et vous êtes venus à mon secours.
Puis, de l’aînée de
ses enfants
A la cité Saint-Pierre du Secours Catholique à Lourdes,
j’ai pu faire cet été de magnifiques rencontres. D’ailleurs, ma vie est faite
de rencontres de toutes sortes. Depuis, j’ai gardé contact avec certaines
personnes.
Il y a une très belle rencontre dont je me souviens
encore : lors de la procession mariale aux flambeaux, j’ai sympathisé avec
une mamie anglaise venue toute seule en
pèlerinage à Lourdes. Lors de cette veillée, je la voyais perdue. Elle avait
besoin de compagnie. J’ai donc accepté de se joignent à nous et nous avons un
peu conversé ensemble. Durant la messe, nous nous sommes tenus la main à
plusieurs reprises. Je garderai longtemps se souvenir.
Et puis j’ai réalisé que, malgré la barrière de la
langue, il y avait une cohésion forte entre moi cette mamie.
Toutes les nations réunies sur la place formaient une
même unité, celle des chrétiens.
Au service
Bénévole pendant 20 ans à l’aumônerie d’une école
militaire, Ginette se souvient de ces moments de rencontres et de spiritualité.
Ces rendez-vous hebdomadaires étaient inscrits dans un
climat de confiance de partage.
Le soir, après les cours, elle accueillait les élèves en
manque de famille et d’écoute.
Ils parlaient librement.
Elle les écoutait attentivement, les réconforter
moralement téléguidées à la rencontre de Dieu et du monde chrétien.
Souvent marraine lors des pèlerinages à Lourdes, elle garde encore des liens très
forts avec ses filleuls.
Depuis cinq ans, Thérèse a pris la relève. Aussi dévouée
auprès des élèves et fidèle dans son engagement, elle est aussi un soutien pour
l’aumônier.
Ginette et Thérèse au service de Dieu, à leur manière
Une équipe !
Lors de la messe de rentrée sur la paroisse de Gémozac,
une femme sans famille, 45 ans, aidé depuis plus de 10 ans a accepté de
témoigner
Sa connaissance de Secours Catholique se fait pour un
besoin financier…au départ ! Puis un autre
Et elle est venu rejoindre notre équipe il y a environ 4
ans, parce qu’elle se sentit accueillie et pour se sentir utile.
Son parcours : enfance douloureuse de foyer en
foyer… un mariage qui ne dure pas, un enfant qui a rompu tout contact (dont
elle n’a pas su ou n’a pas pu vraiment s’occuper), des copains de galère, la
drogue, l’alcool, la maladie, la solitude, le RSA.
Aujourd’hui, dans toute cette souffrance, elle dit «se
lever se préparer pour venir aider, parler, être écoutée, rendre service,
trouver une place utile » chaque vendredi avec un rôle dans la boutique que
nous avons.
Elle ajoute : « avoir trouvé dans le Secours
Catholique la famille qu’elle n’a pas».
Des liens se créent, la confiance s’établit doucement.
Elle ajoute que l’équipe est sa bouffée d’oxygène
Île de Ré – Haïti : deux îles solidaires
En janvier 2010, l’île d’Haïti a connu un séisme
destructeur. En février 2010, c’était à l’île de Ré de connaître le
déchaînement des éléments naturels. Les bénévoles de l’équipe du secteur de
l’île de Ré ont décidé de créer un lien de solidarité entre nos deux îles.
En 2011 et 2012, l’équipe a décidé de prolonger cette
solidarité en prenant acte que si, pour l’île de Ré, les dégâts ont pu être
réparés, il est loin d’en être de même pour Haïti.
Cette solidarité s’inscrit donc, désormais, dans la
durée, avec la décision de l’équipe de faire vivre cette solidarité chaque été
des années à venir.
2010, appel aux dons lors des assemblées dominicales de
juillet et août : 5000 euros, preuve que la générosité qui habite le cœur
des chrétiens est toujours une merveille.
2011, proposition des "bonbons de la
solidarité" et "brocante solidaire". L’opération "bonbon de
la solidarité" a consisté à mettre des bon achetés en gros dans des petit
sachets proposés à la sortie des messes, à raison d’un dimanche sur juillet et
août : 2000 euros.
L’opération "brocante solidaire" : appel
au public pour le don d’objets. Deux brocante : 1500 euros.
2012, on recommence : 3500 euros.
Total : 12000 euros adressés à Haïti, pour le
soutien en 2010 et 2011 d’un projet d’aide à la scolarité des enfants de 800
familles déplacées de Port- au-Prince à Cayes, et en 2012, pour le soutien à la
reconstruction du foyer de Sixto, foyer de jeunes travailleurs de Port-au-Prince.
L’équipe de l’île de Ré est heureuse de vous faire
partager la merveille qu’a représenté, pour elle, les élans de générosité
qu’elle a pu constater.
Un donateur "Cadeau de Noël"
Fin 2011, appel reçu : "je souhaiterais faire un cadeau de Noël aux personnes de votre secteur
dans la difficulté".
Approfondissement de la proposition : le donateur de
rester incognito.
Avec lui, nous avons décidé de répartir son don de4600
euros en lien très étroit avec les assistantes sociales de l’ile. Avec elles,
nous avons décidé d’effectuer la
répartition en fonction d’un nombre d’étoiles de Noël correspondant à une
échelle de besoins identifiés.
Merveilles ! La surprise des personnes et des, c’est
leur sourire à la réception du temps, ce sont les phrases entendues à cette
occasion : "c’est bien la
première fois il m’arrive une chose comme ça" ; "je n’y crois pas" ; "c’est mon petit qui va être heureux".
Merveilles de solidarité concrète, que nous sommes
heureux de partager. Bonheur que procure le partage et la joie du don qui
habite le cœur de certains.
Joyeux Noël
L’histoire a commencé par une aide alimentaire classique,
mais cette personne d’origine allemande, avait du mal avec les documents
administratifs pour bénéficier de ses droits. De plus, il avait des problèmes avec
son propriétaire (logements hors normes), pas d’arrivée d’eau. Donc j’ai fait
de très nombreuses interventions.
Un jour, je reçois un SMS, et je me suis
dit : "il a besoin de quelque chose" ; en fait, il
avait pu s’acheter du café en poudre, et il tenait à m’offrir "sa première
place de café".
Depuis, pas un seul Noël sans qu’il ne me souhaite un
joyeux Noël.
William : "depuis deux ans je me sens bien"
Il est devenu bénévole après avoir été accueilli.
Lors de la reprise de l’atelier cuisine, chacun raconte
ses dernières aventures ; très vite, William retient toute l’attention.
T-shirt marin, ancre et gouvernail, il arbore fièrement
son souvenir de Bretagne. Il revient de Sainte-Anne-d’Auray, du camp d’été du Secours
Catholique dans lequel il officiait comme cuisinier.
A tout juste 50 ans, c’est la première fois qu’il était
bénévole, et il recommencerait sans se faire prier.
"Ça m’a fait du bien, j’aime aider les gens",
raconte-t-il. Il s’est senti valoriser. Il garde en mémoire les 60 gamins qui,
tous les soirs, en sortant de table, lui disait : "William, c’était
bon, merci ! " il revoit les plats vides, tellement ses mets étaient
appréciées.
En cuisine, c’est un chef. Son travail, il l’a pris au
sérieux. "Le premier jour, lorsque j’ai vu ce troupeau arrivé, je me suis
demandé : mais comment je vais faire ? " un peu d’organisation
et de courage ont suffi. C’est un fin cuisinier, on sent la précision dans ses
gestes.
En somme, c’est un chef, "un pro" disent ses
amis de l’atelier cuisine de Jonzac. William les a rejoints en 2010, "et
depuis, je suis resté". Il apprécie les moments passés à l’atelier. C’est
qu’il a été longtemps seul. "ma famille, c’est comme si je n’en avais plus»,
explique William. Son histoire est difficile, il porte encore les séquelles de
son enfance qu’il décrit comme malheureuse, les altercations avec son père. Au
Secours Catholique, il a trouvé de la compagnie, des amis. "avant, j’étais
renfermé, je sortais peu. Depuis deux ans, je me trouve bien", sourit-il.
Retrouver confiance. Autour de la table, beaucoup ont eu
des vies dures. "ils arrivent souvent casser, sans emploi, sans confiance
dans la vie, sans confiance en eux", rapporte la responsable de l’atelier.
De même se définissent comme des "accueillis"
aux ateliers, il se libère, trouvent un nouveau souffle.
Pour William, ça a été une porte vers l’engagement, l’entraide.
A l’année, il travaille comme jardinier dans un domaine.
Il fait aussi les saisons de vendanges. Et désormais, il n’hésitera pas à
repartir comme bénévole.
Vive le Secours Catholique, vive l’amitié, vive l’amour !
Moi, je suis mauritanien, je suis musulman pratiquant,
mais je suis heureux de participer avec le Secours Catholique.
Ici, le Blanc est à côté du Noir, l’Arabe est à côté de
l’Africain. Il y a cette grande volonté de redonner aux gens qui avaient des
idées noires de vraiment retrouver l’espérance. Il n’y a pas de place pour le
désespoir. Il y a ces jeunes prêts à sacrifier leur temps, leurs moyens, leurs
idées, pour vraiment nous aider à retrouver le sens de la vie.
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